Voila le résultat à la sortie des tapis roulants de triage de l'or: une belle poignée de pépite... Je ne sais pas pour vous mais je trouve cette photo excellente... brillante et riche si je peux dire!
L'orpaillage est arrivé en Guyane depuis le début du 20ème siècle environ, en tout cas de façon massive.
Il faut savoir qu'aujourd'hui beaucoup de problèmes autres que écologiques se posent au niveau des sites d'orpaillage. Plus de 70% des sites ne sont pas légaux, c'est à dire qu'il n'y a pas d'autorisation d'exploitation. Et si aucune autorisation d'exploitation n'est délivrée, cela veut dire que la revégétalisation et la réhabilitation des sites ne seront pas opérées.
Egalement, ces sites sont un facteur d'immigration clandestine importante en Guyane de Brésiliens, qui sont les principaux orpailleurs illégaux de Guyane.
Au niveau de la déforestation et des problèmes écologiques causés par l'exploitation minière, c'est simple. Il faut prendre le problème à la base.
On installe un site d'orpaillage sur une crique en forêt. (Une crique étant un cours d'eau). Ceci pour avoir à disposition de l'eau afin de balancer de la pression sur le triage de cailloux, d'or et de terre.
Un site d'orpaillge mesure quelques dizaines de mètres de largeur, sur parfois plusieurs kilomètres le long de la crique. Alors vous imaginez bien la tâche que cela peut représenter au milieu de la forêt.
Depuis le 1er janvier 2006, l'utilisation du mercure est interdite sur les sites. Encore se pose le problème des sites illégaux qui bien évidemment ne répondent pas aux éxigences des autorités.
Le mercure est utilisé pour agglomérer l'or. En fait, il est plus rare de trouver une grosse pépite que des paillettes d'or dans le sol. Or, le mercure a la propriété d'agglomérer ces paillettes pour former des pépites. C'est pour cette raison qu'on l'utilisait sur les sites d'orpaillage. Le problème est que lorsque l'on balance de l'eau sur les tapis de triage et les tamis pour récupérer les pépites, le mercure est directement déversé dans la canal de dérivation de la crique (s'il y en a un).
Ce canal est une construction obligatoire sur les sites. Elle permet de ne pas mélanger normalement l'eau de pompage et l'eau de la crique présente avant exploitation. Mais lors des fortes pluies, il est inévitable que les deux cours d'eau se mélangent.
Le plus gros problème du mercure est que les poissons ingèrent ce que l'on appelle le méthyl mercure (mercure organique, fixé par les plantes), qu'il concentre progressivement dans son organisme. Avec la chaîne alimentaire, ce mercure est absorbé par l'homme, ce qui causera à long terme des problèmes de déformations à la naissance, et de senbilisation.
Pour revenir aux sites, l'exploitation est faite, en gros, de la manière suivante:
On creuse des baranques, qui deviendront bassins de décantation se déversant les uns à la suite des autres. Ceux ci, sont successivement exploités pour récupérer l'or présent sur le site.
Avant même de procéder à la revégétalisation, il faut commencer par vider les baranques, fermer le canal de dérivation, et stabiliser les terres, qui deviennent très sensibles à l'érosion étant dépourvues de végétation. Cette étape s'appelle la réhabilitation. Cette réhabilitation est obligatoire. Les contrôles sont généralement effectués par l'ONF.
Ensuite on procède à la revégétalisation des sites.
Quand on fait de l'exploitation minière, on retourne les terres sur plusieurs mètres de profondeur. Le soucis est alors que la couche fertile du sol disponible avant déforestation se retrouve inaccessible car au fond du sol.
Du coup, il est très difficile de reboiser les espaces déforestés, puisque le sol est dénué de toute matière organique. Pas de nourriture, pas de plante.
On utilise alors des espèces très peu exigeantes au niveau nourriture pour revégétaliser les sites, comme l'accacia mangium, et le senna alata.
Des nouvelles recherches sont en cours, par exemple, l'implantation d'espèces de graminées sur les sites pour stabiliser les terres et apporter de la matière azotée. Les espèces utilisées sont le kikuyu, le paspalum et le cynodon. Egalement le trèfle est très riche en azote.
Les exploitations sont effectuées en pleine forêt amazonienne. C'est à dire la forêt primaire (intouchée par l'homme, forêt primitive). Or si on revégétalise, on ne peut pas réobtenir la forêt primaire.... ça tombe sous le sens.
Alors on modifie l'écosystème. Le fonctionnement de base entre terre, végétaux et animaux n'est plus équilibré et provoque un dérèglement écologique important.
Il n'y a pas vraiment d'espèces végétales types menacées en Guyane. Ce sont toutes les espèces qu'on devrait protégér. Par contre de nombreuses espèces animales sont menacées, mais plus à cause de la chasse.